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Pascal II, la capitulation face à l'empereur

 

Après que l’accord conclu entre Henri V et Pascal II au sujet du droit d’investiture a échoué face au refus de quelques princes laïque et ecclésiastique, Henri V fit arrêter Pascal II ainsi que des Cardinaux. Pascal II (autrefois Rainier) natif de Biéda, en Romagne, s’était élevé dans la hiérarchie ecclésiastique sous les pontificats de Grégoire VII et d’Urbain II. Il commença comme abbé de Saint-Laurent-hors-les-Murs, puis devint cardinal-prêtre de Saint-Clément. Il avait aussi voyagé comme missionnaire en Espagne et en France. Après son élection, il se trouva confronté à l’antipape Clément III, qui n’était pas prêt à s’avouer vaincu. Grâce à l’armée normande, Pascale II chassa Clément III de la région romaine, et celui-ci mourut un an plus tard ; les antipapes, qui lui succédèrent, Théodore (1100), Albert (1102) et Sylvestre IV (1105) ne parvinrent pas à évincer Pascal II. La Querelle des investitures, qui avait éclaté sous le pontificat de Grégoire VII, resta le problème principal à régler durant le règne de pascal II. Tandis qu’avec les rois de France et d’Angleterre il lui fut possible de chercher un accord sur la question de savoir comment et par qui les évêques devaient être investis (entre autres durant le concordat de Westminster en 1107), les relations avec le Saint Empire romain germanique restaient tendues. Henri IV (empereur germain de 1084 à 1106) ne voulait pas renoncer au droit de nommer lui-même les évêques et les abbés de l’Empire. Pascale II le bannit donc en 1102, et soutint la révolte menée par son fils, Henri V (1106-1125) contre son propre père. Cela ne lui servit cependant pas car, une fois arrivé au pouvoir, Henri V ne songea pas à changer d’un pouce la politique de l’Eglise menée jusque-là. En février 1111, lors d’une rencontre à Sutri, le pape Pascal II lui fit une proposition afin de mettre un terme définitif à cette querelle ; Henri V devait renoncer à son droit d’investiture, et, en contrepartie, il retrouvait la couronne impériale ainsi que les droits de propriété sur les églises germaniques accordés autrefois par le roi (ce qui aurait subitement appauvri les églises). Henri V accepta la proposition, mais on ne saura jamais s’il était sérieux car, lorsqu’un tumulte éclata au moment de la lecture de l’accord à Saint-Pierre de Rome, le roi revint sur sa parole, fit saisir Pascal II et ses cardinaux, et les jeta en prison. Deux mois de prison et la menace d’Henri V de reconnaître l’antipape Sylvestre IV parvinrent à soumettre Pascal II. Il confirma le droit du roi à l’investiture par le privilège de Ponte Mammolo et couronna empereur Henri V, le 13 avril 1111. Pour les partisans de la réforme de l’Eglise, la capitulation du pape représentait un grave recul. Les dernières années du pontificat de Pascal II furent donc assombries par des soulèvements et des querelles de partis à Rome, qui l’obligèrent à quitter la ville par intermittences.