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L’enluminure (vers 1335-1340) tirée de la chronique de Saint Denis (Grandes
chroniques de France), montre deux scènes de la vie du pape Gélase II.
Sur la
partie gauche de l’image, le pape reçoit le roi Louis VI (1108-1137). La
partie droite montre son enterrement à Cluny en 1119
Jean de Gaète, moine à l’abbaye du Mont-Cassin
alors placée sous l’autorité de l’abbé Desiderieus (futur Victor III), nommé
cardinal-diacre et chef de la chancellerie pontificale en 1088, s’était
efforcé d’améliorer sensiblement la qualité rédactionnelle des documents
pontificaux et avait lui-même rédigé trois vies de saints. Fidèle serviteur
de son maître, il avait suivi Pascal II en captivité en février 1111. A la
mort de celui-ci il fut élu à l’unanimité pour lui succéder. Son pontificat,
qui ne dura qu’un an, fut soumis aux plus violents tumultes. Dès son
élection, Cencius Frangipani, le chef d’une famille noble romaine et vieil
ennemi de Pascal II, fit jeter en prison le nouveau pape. Libéré sur l’ordre
du préfet urbain, jean s’enfuit de la ville avec ses cardinaux dès qu’il
apprit que l’empereur Henri V s’en approchait. C’est dans sa ville natale de
Gaète qu’il se fit alors ordonner prêtre, évêque et pape sous le nom de
Gélase, les 9 et 10 mars 1118. Refusant l’offre de négociation Henri V, le
pape lui fit savoir qu’il tiendrait un concile à l’automne. L’empereur
germanique décida alors de nommer un antipape, Grégoire VIII, que Gélase
excommunia aussitôt en même temps que l’empereur. Revenu à Rome après le
départ d’Henri V, Gélase trouva la ville, aux mains de ses ennemis. Le 21
juillet 1118, de nouveau incarcéré par le clan des Frangipani pendant la
messe qu’il célébrait en l’église San Prassede, il parvint toutefois à
s’enfuir de la ville puis à se rendre dans le sud de la France en bateau. En
avril 1119, il provoqua à Vienne une réunion conciliaire qui n’eut cependant
pas la dimension à laquelle il aspirait. Tombé gravement malade, il se
retira dans l’abbaye de Cluny où il s’éteignit à la fin du mois de janvier.
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