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Calixte II, la réorientation de la politique de l'Eglise |
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Calixte
II (à droite) avec l’abbé Suger de Saint-Denis (cf. photo). Fils du Comte
Guillaume de Bourgogne, Guido, prit le nom de Calixte II, était parent avec
la plupart des familles princières d’Europe. Depuis 1088, il avait la charge
d’archevêque de Vienne (en France). Au sein de l’Eglise, il faisait partie
de ceux qui s’opposaient au privilège d’investiture de Pascal II pour Henri
V. Les Cardinaux qui avaient accompagné Gélase lors de sa fuite en France,
élurent Guido comme successeur de Gélase après la mort de ce dernier à
Cluny ; il reçut sa consécration à Vienne le 9 février 1119, les autres
cardinaux et le clergé romain approuvèrent cette décision par courrier.
L’une des premières actions de Calixte II consista en la condamnation des
pétrobrusiens, les partisans du prêcheur itinérant Pierre de Bruit (mort sur
le bûcher vers 1132-1133). C’est à cette occasion que fut requise pour la
première fois la force du pouvoir temporel pour la persécution des
hérétiques. Rentré en Italie en 1120, il fit une entrée triomphale à Rome et
consolida sa position au sein de la hiérarchie ecclésiastique en soumettant
l’antipape Grégoire à son autorité. Après des décennies d’âpres luttes, la
paix put ainsi régner pour un temps à Rome. Calixte II s’en servit pour
lancer la reconstruction des bâtiments du Latran, ainsi que d’autres
édifices. Dès l’arrivée de l’empereur Henri V, en septembre 1119, des
négociations de paix avaient été entamées à Strasbourg, poursuivies ensuite
à Mouzon. Elles débouchèrent sur le compromis du concordat de Worms (23 août
1122), qui mit fin à la Querelle des investitures. L’adoption du concordat
lors du synode de Latran du 18 au 27 mars 1123 amorça une réorientation de
la politique de l’Eglise. Rompant avec la tradition grégorienne, elle visait
à assurer la suprématie du pouvoir diocésain sur le monarchisme.
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