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Anaclet II, attaque et diffame |
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Le clan des Pierleoni, qui avait été dupé lors
de l’élection effectuée secrètement du pape Innocent II, installa le même
jour son propre candidat sur le trône pontifical, le cardinal-prêtre de San
Maria à Tratévère, Petrus, qui prit le nom d’Anaclet II. Extrêmement
cultivé, jouissant d’une longue expérience dans l’exercice de ses fonctions,
Anaclet II était, parallèlement à Haimerich, le conseiller et le promoteur
de la carrière d’Innocent, une figure dominante parmi les cardinaux. Il
réussit aussi, grâce à ses soutiens dans la ville et dans l’épiscopat
italien (au sud du pays) à repousser son rival hors de Rome juste après la
consécration reçue simultanément par les deux papes (23 février 1130).
Au-delà des luttes partisanes entre les différents clans, l’historiographie
voit dans cette double élection un conflit de générations qui couvait depuis
la mort de Calixte II (1124) au sein des cercles réformateurs. Anaclet
représentait la tradition grégorienne et clunisienne, tandis qu’Innocent
incarnait le programme de modernisation des chanoines réguliers de
Saint-Augustin, des Prémontrés et des Cisterciens, avec leurs nouvelles
spiritualités. Anaclet, qui fut très attaqué et diffamé de son vivant par
les partisans d’Innocent II, surtout par Bernard de Clairvaux (on lui
reprochait notamment de descendre des Pierleoni, d’origine juive), sans que
ces derniers parviennent à ébranler sa position à Rome, fut déclaré
schismatique après sa mort par le deuxième concile de Latran (avril 1139).
Toutes ses décisions, ses actions et ses ordinations furent alors annulés.
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