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Préambule

Bernard de ClairvauxL'Ordre du Temple est souvent mal connu. La partie la plus célèbre de son histoire tourne autour des légendes,  la malédiction ou le trésor secret des templiers… De tous les Ordres de Chevalerie, aucun n’eût un destin aussi extraordinaire que l’Ordre du Temple. Aucun n’eût une telle influence sur la direction du monde, influence qui dura longtemps après sa disparition. Ils ont laissés dans l’histoire une empreinte profonde. Et on prit une place si importante en Europe et au Moyen-Orient que les faits qu’ils ont accomplis et les événements qui se sont déroulés durant toute cette période provoquent encore une forte fascination de nos jours. Ils sont partout présents en terre de France : toutes ces localités vantent leur église ou chapelle « Templière », ces souterrains abritant leur fabuleux trésor…

 

L’ordre du Temple a été dissous, l’an de grâce 1312, mais il semble toujours aussi vivant, du moins dans les mémoires, comme le prouvent les milliers d’ouvrages et articles qui lui sont consacrés. Une précision s’impose d’emblée, il y a l’histoire de l’ordre et celle de sa légende, qui continue à faire couler beaucoup d’ancre. Nous nous efforcerons à respecter la partie historique de l’Ordre du Temple, comprendre comment et pourquoi cet ordre a connu cette réussite indéniable, une expansion telle qu’il devint, au XIII siècle, une redoutable puissance militaire et financière, en Orient comme Occident. Et pourtant, les Pauvres chevaliers du Christ et du Temple de Salomon se comptaient sur les doigts de la main lorsqu’ils répondirent à l’appel du chevalier Hugues de Payns… Au cours de ces années d'existence, l'Ordre du Temple a connu 23 Grands Maîtres qui sont, selon la Règle de l'Ordre, élu à vie. Ce titre était attribué au dirigeant d'une confrérie. Pour désigner le chef suprême de l’ordre, il convient donc de dire simplement le maître de l’ordre et non grand maître. Seul deux ont dérogé à la règle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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André de Montbard - Bourgogne - 1153-1156

C'est le cinquième maître de l'ordre du Temple, fonction qu'il exerce de 1153 au 17 janvier 1156. Quand il est élu c'est l'un des plus vieux membres de l'ordre puisqu'il fait partie des neuf fondateurs. Il est l'oncle de Bernard de Clairvaux qui deviendra Saint-Bernard. Sénéchal de l'Ordre de 1148 à 1151 il est élu sans doute en opposition à un autre candidat soutenu par le roi de France Louis VII. La date de son élection est incertaine mais intervient sans doute à la fin de 1154 bien que la première mention de sa nouvelle fonction est datée du 27 mai 1155 dans un acte du roi de Jérusalem Baudouin III. Bertrand de Blanquefort lui succède la même année.

 

 

 

 

   

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Armand de Périgord - Périgord - 1232-1244

Armand de Périgord (ou Hermann de Pierre-Grosse) (11781247?), de la famille des comtes de Périgord, fut maître de l'ordre du Temple. Il fut maître de la province d'Apulie et de Sicile de 1205 à 1232, date à laquelle il fut élu maître de l'ordre. Il organisa l'attaque de Cana, de Safita et de Sephoria et combattit les Infidèles dans la région du lac de Tibériade. Toutes ces entreprises se soldèrent par un échec et diminuèrent la puissance de l'ordre. En 1236, à la frontière entre la Syrie et la Cilicie, 120 chevaliers ainsi que des archers et turcopoles furent surpris dans une embuscade près de la ville de Darbsâk (Terbezek). Au début de la bataille qui s'ensuivit, les Templiers investirent la ville mais ils y rencontrèrent une forte résistance. Lorsque des secours arrivèrent de Damas pour aider les Infidèles, les Templiers furent massacrés. Il n'en resta pas même une vingtaine qui purent rejoindre leur forteresse d'Ascalon, à 20 kms de là. En septembre 1239, Armand arriva à Saint-Jean-d'Acre. Il y conclut un traité avec le sultan de Damas, comme les Hospitaliers l'avaient fait avec le Sultan d'Égypte. En 1244 le Sultan de Damas demanda l'assistance des Templiers pour repousser les Khwarezmiens d'Asie mineure. En octobre 1244, les forces fédérées des Templiers, des Hospitaliers et des Teutoniques, de concert avec celle du sultan de Damas, s'affrontèrent au sultan d'Égypte et à ses alliés Khwarezmiens à la bataille de La Forbie. La coalition des chrétiens et des mahométans syriens fut vaincue, laissant plus de 30.000 morts sur le champ de bataille. Quelques chevaliers du Temple et de l'Hôpital parvinrent à se réfugier à Saint Jean d'Acre, encore aux mains des forces chrétiennes. Le sort d'Armand de Périgord est incertain : on ne sait s'il est mort, ou s'il a été capturé - il aurait pu vivre jusqu'en 1247.

 

   

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Arnaud de Torroja - Aragon - 1180-1184

Arnaud de Toroge (de Torroja) est maître de l'Ordre des Templiers de 1180 jusqu'au 30 septembre 1184. Le Catalan Arnaud de Toroge est maître de la province de Provence et d'Aragon lorsqu'il est élu à la tête de l'Ordre à la fin de l'année 1180, pour succéder à Eudes de Saint-Amand, mort en captivité à Damas. Il a plus de 70 ans lors de son élection, mais c'est un homme rompu à la discipline et au fonctionnement de l'Ordre. Présent surtout en Espagne durant la Reconquista, il ne connaît pas, ou très mal, la situation politique des États latins d'Orient. Sa maîtrise est marquée par des querelles que se livrent entre eux Templiers et Hospitaliers, dont l'influence et le pouvoir politiques ne cessent de grandir. Arnaud de Toroge accepte la médiation du pape Lucius III et du roi de Jérusalem Baudouin IV pour mettre un terme à ces querelles fratricides. En 1184, il visita l'Europe avec Arnaud de Toroge, Grand maître des Templiers et Héraclius, Patriarche latin de Jérusalem ; c'est ainsi qu'il établit l'Ordre des Hospitaliers en Angleterre, en France et en Allemagne. En 1184, la situation politique dégénère encore lorsque Renaud de Châtillon, aidé par des Templiers et des Hospitaliers, ravage pour son propre compte des territoires musulmans en Transjordanie. Il devra encore faire preuve d'une grande sagesse politique pour arriver à négocier un arrêt des hostilités avec Saladin, prêt à venger les incursions mortelles de Renaud de Châtillon. Cette année-là, Arnaud de Toroje accompagné d'Héraclius, patriarche latin de Jérusalem et le maître de l'Hôpital Roger de Moulins se rend en Europe afin de plaider, auprès des rois et du pape, l'envoi d'une nouvelle croisade pour renforcer les États latins d'Orient qui sont à la merci de la puissance grandissante de Saladin, le réunificateur du monde musulman. Au cours de ce voyage, Arnaud de Toroge tombe malade et meurt à Vérone le 30 septembre 1184, alors qu'il se rend chez le pape Lucius III.

 

   

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Bernard de Trémélay - Franche-Comté - 1152-1153

Bernard de Tremelay est le quatrième maître de l'Ordre du Temple (1152-16 août 1153). Bourguignon de naissance et ancien commandeur de Dole, en Franche-Comté, il semblerait avoir succédé à un Maître appelé Hugues, dont l'existence est fort douteuse et que seul Du Cange cite. Suivant les chroniqueurs des croisades, Bernard de Tremblay aurait rebâti la ville de Gaza. Il est mort lors de la bataille d'Ascalon, avec tous les Templiers qui étaient sous ses ordres, à l'avant-dernier assaut du 14 août 1153 peu avant la prise de la ville. L'obituaire de Reims signale sa mort le 17 des calendes de septembre, soit le 16 août. Cela correspond aux dates des chroniques, puisque Ascalon tomba entre les mains de Baudouin III, le 19 août de cette même année.

 

 

   

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Bertrand de Blanquefort - Aquitaine (région de Bordeaux) - 1156-1169

Bertrand de Blanchefort, dit aussi Bertrand de Blanquefort, fut maître de l'ordre du Temple d'octobre 1156 au 2 janvier 1169. Il est originaire de Guyenne et le pape Clément V, qui bien plus tard interdira l'ordre du Temple, est apparenté à sa famille. Il est décrit par le chroniqueur Guillaume de Tyr, pourtant peu suspect de complaisance envers les Templiers, comme un homme "religieux et rempli de la crainte de Dieu". Il est aussi représenté comme un grand homme de guerre au jugement sûr et d'une extrême probité. Il succède immédiatement à André de Montbard, la mort de son prédécesseur étant sûrement attendue du fait de son grand âge. Il est fait prisonnier le 19 juin 1157 sur les bords du Jourdain au lieu dit le Gué de Jacob, (bataille du lac Méron) avec plus de 80 Templiers par Nur ad-Din, le principal souverain de Syrie. Il sera libéré par une coalition marchant sur Alep, dirigée par Manuel Ier Comnène l'empereur byzantin, Baudouin III de Jérusalem et Renaud de Châtillon, prince d'Antioche, lui permet d'être libéré avec plus de 10000 captifs en juin 1159. Il accompagne Amaury Ier de Jérusalem dans son expédition en Égypte, mais rentre précipitamment pour contrer à la tête de ses Templiers et de Croisés venus d'Europe (parmi lesquels Guy de Lusignan) Nur-al-Din qui, profitant de l'absence d'Amaury, attaque les régions d'Antioche et Tripoli. Après une première victoire, Bertrand de Blanquefort est vaincu à la bataille d'Harenc (1164), où plus de 60 Templiers sont tués. Ses relations avec Amaury se dégradent quand celui-ci fait pendre pour « lâcheté » 12 Templiers qui ont remis à Nur-ad-din la forteresse dont ils avaient la garde. Aussi, en 1167, Bertrand de Blanquefort refuse de soutenir Amaury Ier qui désire annexer l'Égypte. Il précise que cela serait rompre le traité négocié quelques mois auparavant par le Templier Geoffroy de Foulcher et que cette intervention va ressouder les musulmans. L'expédition tourne effectivement au désastre mais Bertrand de Blanquefort ne le voit pas car il décède le 2 janvier 1169 selon l'obituaire de Reims. Il introduisit, dans la Règle, la réforme des « retraits » et obtint du pape Alexandre III, pour les maîtres de l'ordre, le droit de porter dorénavant le titre de « maître par la grâce de Dieu » et de détenir un bâton de commandement, l'Abacus. Philippe de Milly lui succède.

 

   

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Eudes de Saint Amand - Provence - 1171-1179

Eudes (Odon) de Saint-Amand est le 8ème maître de l'Ordre du Temple. Il est originaire d'une famille noble du Limousin mais est arrivé sans doute assez jeune en Palestine car lorsqu'il parvient à la tête des templiers il a déjà derrière lui une carrière militaire bien remplie puisqu'il a occupé la charge de maréchal du royaume et de vicomte de Jérusalem. Il devient templier à une date inconnue et succède à l'éphémère Philippe de Milly à la tête de l'Ordre du Temple vers 1171. Il est réputé pour sa sagacité et son courage mais est décrit ainsi par le chroniqueur (et évêque) Guillaume de Tyr : « Homme méchant, superbe, arrogant, ne respirant que la fureur, sans crainte de Dieu et sans égard pour les hommes... Il mourut de misère, sans emporter les regrets de personne. ». A peine élu il s'oppose au roi Amaury Ier de Jérusalem en refusant de livrer à la justice du roi Gantier du Mesnil, un templier coupable du meurtre d'un émissaire du Vieux de la Montagne. L'affrontement entre les deux hommes n'a pas lieu du fait de la mort du roi, remplacé par le jeune et malade Baudouin IV de Jérusalem, puis de celle de Nur-ad-Din, l'Atabeg d'Alep, a qui succède Saladin. En 1177, ce dernier lance un raid sur les alentours d'Ascalon avec environ 20 000 hommes. Aussitôt Baudouin IV s'avance à sa rencontre avec à peine 3.000 fantassins et 375 chevaliers dont 80 templiers conduits par leur chef. Ceux-ci chargent à l'avant-garde et bousculent les premières lignes du sultan Ayyoubide. «L'ange exterminateur semblait les suivre dans la mêlée ». Cette bataille d'Ascalon (18 novembre 1177) est une large victoire des chrétiens remportée en partie par la fougue et la furie de la charge des Templiers. Deux ans plus tard, Saladin organise des raids depuis Banias vers la région de Beyrouth, d'une part pour approvisionner l'émirat de Damas, atteint de disette à la suite de sécheresse, et d'autre part pour affaiblir le royaume de Jérusalem. Baudouin IV le lépreux réunit des troupes pour y mettre fin, accompagné du comte Raymond III de Tripoli et d'Eudes de Saint-Amand. Le camp de Saladin est repéré du haut d'une hauteur de 900 mètres que Guillaume de Tyr nomme Mesaphar et l'armée descend le mont pour intercepter une troupe de pillards menés par Farrukh-Shâh, un neveu de Saladin, qui rentre d'un raid. Pendant la descente, Eudes entraîne avec lui les Templiers et les chevaliers du comte de Tripoli et distance l'infanterie et le roi. Cette troupe de six cents chevaliers n'a aucun mal à écraser la trentaine de pillards musulmans, mais l'armée est ainsi dangereusement dispersée, et ne peut résister à la contre-attaque de Saladin (10 juin 1179). Alors que les soldats se débandent les Templiers et les Tripolitains résistent et sont pour la plupart tués à l'exception d'Eudes de Saint-Amand et de quelques autres. Le sultan souhaite l'échanger contre l'un de ses neveux prisonnier de l'Ordre mais le maître refuse qui répond :«Je ne veux point autoriser par mon exemple la lâcheté de mes religieux qui se laisseraient prendre dans l'espoir d'être rachetés. Un templier doit vaincre ou mourir, et ne peut donner pour sa rançon que son poignard et sa ceinture». Emmené en captivité il meurt à Damas le 9 octobre 1179, « regretté de personne », selon Guillaume de Tyr, tandis qu'El-Imad, juriste et secrétaire de Saladin, écrit qu'il passa de sa prison aux cachots de l'Enfer.

 

   

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Evrard de Barrès - Champagne (région de Meaux) - 1149-1152

Évrard des Barrès (ou Everard des Barres, il existe plusieurs graphies) est le troisième maître des Templiers et gouverne l'ordre de mars 1147 à 1152. Il est déjà un des principaux dignitaires de l'Ordre du Temple lorsque décède, en janvier 1147, le maître Robert de Craon, puisqu'Evrard porte le titre de Précepteur de France. À peine désigné, il doit intervenir militairement à la tête de ses templiers pour sauver le roi de France Louis VII, engagé dans la deuxième croisade, dans les gorges de Pisidie. Selon le chroniqueur Odon de Deuil Evrard des Barrès est un homme très religieux, éminemment respectable et possédant les valeurs d'un chevalier, courageux et énergique. Son influence sur Louis VII semble avoir été forte. Lorsque la croisade se termine, par un échec devant Damas, Louis VII rentre en France suivi par Evrard lequel prête une somme d'argent importante au souverain. C'est un précédent qui va faire école. Cependant le maître laisse ses troupes sur place lesquelles remportent une victoire en défendant Jérusalem contre un raid de troupes turques (vers 1149/1150). Evrard des Barrès embrasse à son retour la vie monastique à Clairvaux et abdique en 1152 malgré les pressions des templiers pour qu'il reste à leur tête. Il meurt en 1174. C'est Bernard de Tremelay qui lui succède.

 

   

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Gérard de Ridefort - Flandres - 1185-1189

Gérard de Ridefort ou encore Girard de Ridefort est né en Flandre dans les années 1140. Frère puîné d'un seigneur flamand, il n'espère guère de fortune dans son pays. Arrivé en Terre Sainte pour s'y tailler un fief, il rejoint la deuxième croisade en 1146. Raymond III de Tripoli lui promet un riche mariage avec sa vassale Lucia de Botrun mais se ravise finalement, préférant l'offre d'un riche négociant pisan. Il s'est fait de Ridefort un ennemi mortel. Désormais allié de Guy de Lusignan, Ridefort s'introduit dans l'Ordre du Temple dont il devient Sénéchal en 1183 et maître dès 1185. Après la mort de Baudouin IV en 1185 et de Baudouin V peu après, il arrache la couronne du Royaume de Jérusalem à Raymond III en 1186 au profit de son allié. Les campagnes téméraires menées par Ridefort contre Saladin sont désastreuses et coûtent de nombreuses vies dans les deux camps. À la mort de Ridefort devant Acre le 4 octobre 1189, les quatre États latins d'Orient sont exsangues et le sort des combats incertain.

 

   

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Gilbert Erail - Aragon ou Provence - 1193-1200

Gilbert Hérail (ou Erail ou Horal ou Eril) est apparemment né en 1152 en région aragonaise mais la date et le lieu ne sont pas prouvés. Engagé très tôt dans l'Ordre du Temple, il est grand commandeur de l'Ordre lorsqu'il est élu maître du Temple en février 1194 après la mort de Robert IV de Sablé. Il fut donc le 12ème maître de l'Ordre. Un an après après l'élection de Gilbert Hérail à la tête de l'Ordre du Temple, soit en 1194, le pape Célestin III confirme tous les privilèges accordés au Temple et donc la bulle pontificale Omne datum optimum. Par sa politique d'équilibre, Gilbert Hérail veut faire perdurer la période de paix entre chrétiens et musulmans, permise par l'accord de paix que Richard Cœur de Lion a signé avec Saladin. Cela lui vaut de s'attirer les foudres du pape Innocent III, qui y voit une trahison envers l'Église. A cause de cette querelle avec Innocent III, les tensions entre Templiers et Hospitaliers tournent à l'avantage de ces derniers qui en profitent pour récupérer des terres et des châteaux aux Templiers. C'est durant la période où Gilbert Hérail est maître de l'Ordre que les Templiers vont participer à la Reconquista espagnole. En remerciement des services rendus, le roi Alphonse II d'Aragon leur donne la forteresse de l'Alhambra en 1196. Gilbert Hérail décédera en décembre 1200, au début de la quatrième croisade.

 

   

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Guillaume de Beaujeu - Beaujolais - 1273-1291

Guillaume de Beaujeu est le 21ème maître de l'Ordre du Temple. Commandeur de la Pouille, il n'était pas en Terre Sainte lorsqu'il fut élu maître de l'Ordre du Temple, le 13 mai 1273, et il n'arriva que dans le cours de l'année suivante dans la ville d'Acre, reste à peu près unique des établissements chrétiens en Orient. Lorsqu'en 1291, le sultan d'Égypte Kalil Ascraf vint mettre le siège devant cette place, Guillaume de Beaujeu mérita, par ses talents guerriers et l'ascendant de son caractère, que tout ce qui restait de défenseurs à la Terre Sainte se missent sous son commandement. Il justifia cet honneur par ses prodiges d'héroïsme et la glorieuse mort qu'il trouva sous les murs de la ville assiégée. Il écartelait les armes du Temple de celle de la maison de Beaujeu qui sont : d'or, au lion de sable, au lambel de cinq pendants de gueules brochant sur le tout.

 

   

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Guillaume de Chartres - Chartres - 1209-1219

C’est le quatorzième maître de l'ordre du Temple de 1210 à 1218. On le confond mal à propos avec Guillaume de Montedon. Ces deux personnages sont différents et le dernier ne parvint jamais à la dignité de grand maître. Guillaume de Chartres est le fils du comte de Bar-sur-Seine mais l'on ignore sa date de naissance et l’on connait que très peu de choses de sa vie avant le début de 1210, date à laquelle il est élu maître suite au décès de Philippe du Plessis. Cependant, on sait qu’il est originaire de la Champagne et qu’il fut admis très jeune au sein de l’Ordre des Templiers. Il est accueilli par les frères de la commanderie de Sours à côté de Chartres. Le seul renseignement que l'on possède, elle qu'il était peut-être commandeur de Saphet avant 1188, date à laquelle le château a été pris par les armées de Saladin. Peu après, il assiste, en tant que Magister Templi (Maître du Temple), au couronnement de Jean de Brienne comme roi de Jérusalem (qui n’est plus qu’un titre honorifique depuis la prise de Jérusalem par Saladin en 1187) grâce à l'appui de Philippe Auguste qui le désigna. C’est son premier acte officiel. Premier succès à mettre également à l’actif de Guillaume de Chartres, en 1211, le château de Gastein, enlevé par les musulmans en 1190 et repris par le roi de Petite-Arménie, est rendu après arbitrage papal aux Templiers. Ils peuvent reprendre leur place dans leurs forteresses. En parallèle des prémices de la cinquième croisade, l’Ordre du Temple, sous l’autorité de Guillaume de Chartres, ne perd pas de temps. En Espagne, il s’occupa énormément de la « Reconquista » et des problèmes. Il y envoya beaucoup de renforts humains et matériels afin de permettre aux Templiers de faire partie de toutes les batailles contre les musulmans. En 1212, les Templiers participent victorieusement à la bataille de Las Navas de Tolosa qui marque une étape importante dans la "Reconquista". Ils participent également à la prise de l'Alcazar en 1217. L'Ordre du Temple est comblé de donations, par les rois espagnols, qui augmentent sa richesse et sa puissance. L’Ordre est à son apogée. De nombreuses villes lui sont offerts comme Tortose ou encore la forteresse d’Azuda. En 1217, d'après Jacques de Vitry, il se rendit à l'assemblée des grands feudataires et des prélats du royaume, à Acre. Toujours dans l’attente des troupes croisées, Guillaume de Chartres et les Templiers prirent l’initiative de construire sur la pointe d’un rocher l’une des plus importantes Forteresses : le Château Pèlerin, situé entre Dora et Césarée. A l’époque, cette entreprise paraissait très coûteuse en argent, en hommes et en matériels mais elle s’avéra très utile. Selon les dires, cette seule forteresse aurait causé plus de dommages aux musulmans que l’intégralité d’une armée en guerre. Guillaume de Chartres participe à cette cinquième croisade (1217-1221). Jean de Brienne décide d’attaquer par la mer malgré les désaccords de Guillaume de Chartres qui est obligé de suivre la conquête. Les disputes entre chefs croisés, lors du siège de Damiette, et les huit mois de siège ne permettent pas d'obtenir des résultats significatifs. En conséquence de quoi, Saladin décide de profiter de ces querelles pour envoyer une armée supplémentaire à Damiette. Heureusement, Guillaume de Chartres et ses troupes prirent la décision d’aller au devant des armées de Saladin, ce qui permit d’éviter une défaite des croisées. Ils tuèrent environ 150 musulmans. L'an 1218, il fut vainement insulté par l'ennemi durant l'absence des chevaliers, occupés au siège de Damiette où ils firent des merveilles. Une épidémie de peste ou de typhus (causée selon les dires par l’inondation du Nil) emporte de nombreux croisés dont le Grand Maître Guillaume de Chartres qui décéda le dimanche 26 août 1218 en Egypte. Cependant, l’Ordre resta près d’un mois, après la mort par maladie du Grand Maître, sans connaître la vérité sur le sort de Guillaume de Chartres. En effet, le doute planait. Certains disaient qu’il était mort pendant une charge, d’autres, qu’il était prisonnier. Du fait de cette incertitude, le Chapitre Général nomma vice-gérant Guillaume de Roquefort, qui exerça cette commission l'espace d'environ trois ans.

 

   

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Guillaume de Sonnac - Rouergue - 1247-1250

Guillaume de Sonnac ou de Saunhac fut d'abord recteur de la commanderie d'Auzon, puis précepteur de la commanderie de Sainte-Eulalie-de-Cernon et enfin précepteur d'Aquitaine en 1236. Il devint maître de l'Ordre du Temple entre 1243 et 1250. Lors de la septième croisade, Il s'illustre à la prise de Damiette. Il est aveuglé puis tué à la bataille de Mansourah, le 11 février 1250, après avoir été éborgné le 8 février 1250, lors de la première bataille de Mansourah. Guillaume de Saunhac appartient à la famille de Saunhac, l'une des plus grandes familles du Rouergue.

 

 

   

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Hugues de Payns - Champagne (région de Troyes) - 1118-1136

Hugues II de Payns est un chevalier champenois, fondateur et premier Maître de l'ordre du Temple. La date de sa naissance n'est pas connue avec précision mais il est probablement né aux alentours de 1080, cependant sa mort est survenue en 1136. A la base, c'était un simple seigneur rural, vassal du puissant comte de Champagne, peut être même son cousin. Payns, son fief, est une petite localité située à 10 kms au sud de Troyes. Il a effectué plusieurs allers et retours en Terre Sainte. Dans le contexte de la croisade prêchée par le pape Urbain II en 1095, le chevalier Hugues de Payns organisa, en 1119, la milice des pauvres chevaliers du Christ au service des chanoines du Saint-Sépulcre à Jérusalem. En 1129, cette milice fut fondée en ordre monastique et militaire qui prit le nom d'ordre du Temple. Hugues de Payns en fut le premier maître.

 

 

   

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Jacques de Molay - Franche-Comté - 1293-1314

Jacques de Molay, né entre 1240 à 1250, fut le 23ème et dernier maître de l'ordre du Temple. Il s’était distingué par sa valeur au combat en Terre sainte avant d’accéder à la tête de l’ordre, mais, une fois en France, il se montra piètre politique face à Philippe IV le Bel, Guillaume de Nogaret et Enguerrand de Marigny, et il ne put empêcher la chute de son ordre. Son nom est un des plus connus parmi les Templiers (avec le fondateur de l'ordre Hugues de Payns), bien que l'on ne dispose que de peu d'informations sur les deux premiers tiers de sa vie. Lors de son élection, qui eut lieu avant le 20 avril 1292, Jacques de Molay promit de réformer l'ordre et de l'adapter à la situation prévalant désormais en Terre sainte. L'ordre traversait en effet une grave crise d'identité provoquée par la disparition des États latins d'Orient consécutive à la chute en mai 1291 de Saint-Jean-d'Acre : créé au départ pour assurer la protection des pèlerins, l’ordre du Temple avait rapidement été amené à participer à la défense des États latins d'Orient, dont la survie était perçue comme la meilleure des protections pour les pèlerinages. Deux décennies plus tard, Jacques de Molay ne réussit pas à sortir vainqueur de la procédure inquisitoriale lancée contre le Temple. Il mourut le 11 ou le 18 mars 1314 sur un bûcher dressé sur l'Île de la Cité à Paris. L’exécution fut mise en œuvre par le roi de France Philippe le Bel, après que l'Église eut remis Jacques de Molay au bras séculier car il (ainsi que Geoffroy de Charnay) était revenu sur ses aveux, ce qui faisait de lui un relaps.

 

   

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Philippe de Naplouse - Terre Sainte - 1169-1171

Philippe de Milly, appelé aussi Philippe de Naplouse, est le septième maître de l'Ordre du Temple de janvier 1169 au 3 avril 1171. Philippe de Milly issue d'une famille originaire de Picardie est né cependant au début du XIIème siècle à Naplouse dans le royaume de Jérusalem, fils de Guy de Milly et d'Étiennette de Naplouse. Il échange avec le roi Baudouin III de Jérusalem sa seigneurie de Naplouse contre celle de Montréal, puis devenu veuf entre dans l'Ordre du Temple en 1168. Il est élu maître au début de 1169 et succède à Bertrand de Blanquefort. Son seul fait d'armes semble être la défense de Gaza devant les troupes de Saladin. Il démissionne de sa dignité avant la Pâque de 1171 alors qu'il est à Constantinople avec le roi Amaury Ier de Jérusalem. La fin de sa vie est inconnue mais il est probable qu'il entre dans un monastère cistercien ainsi qu'il est d'usage pour un templier quittant le service actif. Eudes de Saint-Amand lui succède.

 

   

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Philippe du Plessis - Anjou - 1201-1209

Philippe du Plaissis (ou du Pleissiez, ou du Plaissiez) est un chevalier français né en Anjou à Plessis-Macé dans la deuxième moitié du XIIème siècle. Il entre dans l'ordre du Temple lors de la troisième croisade en 1189. Son élection à la tête de l'ordre à lieu entre janvier et mars 1201 puisque l'une de ses première action, en tant que maître, est un accord avec l'ordre de l'Hôpital sur l'arrosage des terres et l'usage des moulins des deux ordres dans le comté de Tripoli et date du 17 avril 1201. Dès sa prise de fonction il est confronté au roi de Petite Arménie qui s'est emparé d'une forteresse templière située dans la principauté d'Antioche. Lors de l'enquête diligentée par le pape Innocent III les templiers sont chassés de Petite Arménie et leurs biens confisqués. En 1201, l'Égypte, puis la Syrie sont ravagées par une épidémie de peste; puis intervient un fort tremblement de terre en 1202. La paix est donc nécessaire afin de reconstruire les villes et villages détruits. Philippe du Plaissis négocie une trêve avec les musulmans à laquelle refuse de s'associer les chevaliers teutoniques. Quand les Hospitaliers négocient eux aussi une trêve c'est au tour des Templiers de refuser. Ces conflits internes aux croisés entraine une intervention du pape. En effet si l'ordre du Temple à toujours le soutien du pape (le 1er février 1205 Innocent III confirme la bulle d'Anastase IV (Omne datum optimum) celui-ci s'inquiète cependant des plaintes continuelles contre les Templiers des évêques et des princes. En 1208, il écrit à Philippe du Plessis pour lui rappeler que l'obéissance est l'un des trois vœux prononcé par le Templier et que s'en affranchir le rend apostat. Il ne semble pas que cette remontrance soit réellement entendue par un ordre qui recrute de nombreux chevaliers et que les nombreuses donations enrichisse.

 

   

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Pierre de Montaigu - Aragon ou sud de la France - 1219-1232

Pierre de Montaigu fut le quinzième maître de l'Ordre du Temple, entre 1219 et le 28 janvier 1232. Il fut élu lors du siège de Damiette, en 1218, mais n'en fut informé qu'assez tard, car en novembre 1218, il signait encore en tant que Précepteur de Provence et d'Espagne. Il mourut en 1232. D'après Albéric de Trois-Fontaines, il pourrait être le frère de Garin de Montaigu.

 

 

 

 

 

 

   

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Renaud de Vichiers - Champagne - 1250-1256

Renaud de Vichiers (ou de Vichy) est un maître de l'Ordre du Temple. Champenois de naissance, il fut successivement précepteur de France et Grand Maréchal de l'Ordre, et fut élevé à la dignité de Maître à la place de Guillaume de Sonnac, tué en Égypte à la bataille de Mansourah le 11 février 1250. Dans les prémices de cette bataille, le 6 décembre 1249, l'avant garde est confiée aux templiers sous les ordres de Renaud de Vichiers. Celui-ci fit preuve de discernement et de courage lorsque, malgré l'interdiction du roi, ses hommes chargèrent l'ennemi avec succès, en réaction au harcèlement dont ils étaient l'objet. Ce type d'opération ne devait être lancé qu'à bon escient, comme la suite des événements l'a tragiquement montré avec la malheureuse initiative de Robert d'Artois. Il contribua par ses conseils à déterminer saint Louis, après sa captivité, à demeurer en Terre Sainte. Il mourut le 20 janvier 1256.

 

 

 

   

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Richard de Bures - Normandie ou Terre Sainte - 1245-1247

Richard de Bures, maître de l'Ordre du Temple de 1245 jusqu'au 5 mai 1247. Il fut très certainement élu temporairement en attendant une élection officielle. Il n'y a que très peu d'informations sur Richard de Bures mis à part qu'il était châtelain du Chastel Blanc lorsqu'il fut élu Grand Commandeur de l'Ordre mais en aucun cas il ne fut maître. En effet, la mort d'Armand de Périgord ayant été apprise longtemps après, Richard de Bures fut cité comme supérieur des Templiers mais sans toutefois avoir été élu.

 

 

 

 

   

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Robert de Craon - Maine (région de Vitré) - 1136-1149

Robert de Craon dit Le Bourguignon, sire de Craon. Il est le second maître de l'Ordre du Temple de 1136/1137 jusqu'en janvier 1149. Né sans doute à la fin du XIème siècle ou au début du XIIème, d'origine angevine, il est le fils de Renaud de Craon, et le cadet de trois frères. Il s'installe en Aquitaine et est fiancé à la fille d'un seigneur de l'Angoumois. Peut-être suite à une déception amoureuse, il quitte l'Occident en 1125 et part en Terre Sainte. Il y devient rapidement templier. Robert n'est pas présent au Concile de Troyes. Toutefois, il est de retour en Occident en 1132. A ce moment, il est sénéchal du Temple, ce qui permet d'attester que déjà à l'époque, une hiérarchie était en place. On remarque que le sénéchal était un titre qui fut ensuite réservé au Temple en Orient : on pourrait en déduire qu'alors l'ordre n'était pas assez implanté en Occident pour distinguer les hiérarchies. Or donc, Robert est en occident en 1132, probablement pour faire connaître l'ordre. Il y retourne en 1136. Il s'impose à la fois par sa valeur militaire, mais aussi par sa piété. Aussi est-il désigné maître, sans doute en juin 1136, à la mort du fondateur de l'ordre, Hugues de Payns. Il se révèle un brillant organisateur et fait de l'Ordre du Temple un acteur majeur des États Latins d'Orient. Son rôle législatif interne est considérable et le 29 mars 1139 le pape Innocent II, par sa bulle «Omne datum optimum» accorde à l'Ordre un certain nombre de privilèges. Ainsi, les templiers sont exemptés de la dîme, de la juridiction épiscopale (ce qui signifie que l'Ordre possède ses propres ecclésiastiques qui ne relèvent pas des évêques) et sont habilités à porter la croix rouge sur fond blanc. Robert de Craon est moins heureux sur le plan militaire. À peine élu, il bat l'émir d'Alep mais laisse ses chevaliers se livrer aux pillages. L'émir se retourne alors contre eux et les taille en pièces. Robert de Craon autorise les templiers d'Espagne à lancer une expédition importante (près de 70 vaisseaux) contre Lisbonne, mais c'est aussi un échec. En 1140, les templiers résistent avec héroïsme à une armée de turcs bien plus nombreuse lors de la bataille de Técua. Le chroniqueur Guillaume de Tyr le cite comme participant en 1148 à la seconde croisade, notamment au cours du siège de Damas. Il semble que Robert de Craon soit mort le 13 janvier 1149. L'obituaire de Reims en effet signale sa mort le jour des ides de janvier, soit le 13 et son successeur, Evrard des Barrès, est déjà en place en avril 1149.

 

   

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Robert de Sablé - Maine - 1191-1193

Robert IV de Sablé, seigneur de Sablé est le onzième maître de l'ordre du Temple. C'est un noble dont on connait assez mal les origines. Il semble avoir été marié deux fois et avoir eu trois enfants (deux filles et un garçon) avant d'entrer dans l'ordre du Temple. Robert étant sur le point de partir pour la croisade, l'abbé d'Évron Geoffroi vint lui demander la reconnaissance de deux deniers de rente et d'une procuration sur la terre de Cadoin. Le noble chevalier le fit recevoir honorablement par son fils, se trouvant empêché de le faire lui-même à cause des préparatifs de son voyage. C'était le 6 juin. Puis, il le conduisit dans son donjon et lui montra de là la terre chargée de la redevance ; enfin à genoux et sans consentir à se relever, il lui servit le vin de l'hospitalité. Il eut l'assurance de la fraternité des religieux en présence d'Emma, sa mère, et de Geoffroi, son fils, qu'il pria de ne jamais manquer à ses devoirs envers les moines. Il partit alors. Richard le nomma, avec Gérard, archevêque d'Auch, Bernard, évêque de Bayonne, Richard de Chamvil, Guillaume d'Oléron, membre de son conseil pour le gouvernement de la flotte Anglaise, Normande, Bretonne et d'Aquitaine et l'exercice de la justice. Le seigneur de Sablé eut spécialement la charge de la flotte, assista au cours du voyage à la constitution du douaire de la reine Bérangère de Navarre.

 

   

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Thibaud de Gaudin - Chartres ou Blois - 1291-1293 :

Thibaud Gaudin fut le 22ème maître de l'Ordre du Temple. Grand Commandeur du Temple au moment de la mort de Guillaume de Beaujeu, il prit le commandement des troupes restantes lors du siège d'Acre en 1291 et il se retira à Sidon. Il embarqua avec ce qui restait de frères Templiers vers le château de Sagette où il fut élu maître de l'ordre en août 1291. Son magistère fut assez court puisque fin 1292 il était déjà remplacé par Jacques de Molay. Il mourut le 16 avril 1292.

 

 

 

 

 

   

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Thomas Bérard - Italie ou Angleterre - 1256-1273

Thomas Béraud (ou Bérault ou Bérard) est un maître de l'Ordre du Temple. Il succéda, en 1256, au maître Renaud de Vichiers. Probablement italien, malgré quelques voix qui le disent anglais. Il exerça ces hautes fonctions dans les plus tristes circonstances, tour à tour engagé dans les querelles de son ordre avec celui des Hospitaliers, et témoin des progrès du Sultan Bibars El Bondoctar, qui, de proche en proche, réduisit les chrétiens de la Palestine à se renfermer dans les murs d'Acre, dernier débris du Royaume de Jérusalem. Le maître Thomas Béraud mourut le 25 mars 1273.

 

 

 

   

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