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L'implantation des Templiers au Portugal

La construction du Royaume du Portugal est fortement liée aux actions des Templiers. En effet, on peut déjà mettre en avant le fait que l’Ordre du Temple fut présent lors de toutes les batailles de la Reconquista. À peine deux mois après la comparution du fondateur de l'ordre du Temple, Hugues de Payns, devant le concile de Troyes dont le rôle fut capital dans la reconnaissance et le développement de l'ordre, l'un de ses compagnons reçoit une première donation importante au Portugal. Le 19 mars 1128, la reine Thérèse, veuve du comte Henri et tutrice de leur fils Alphonse, concède au Temple le château de Soure et ses dépendances. D'autres dons viennent s'ajouter rapidement. Ils ne sont pas nécessairement le fait de puissants seigneurs mais leur nombre est important. La même année de la reconnaissance de l’Ordre au concile de Troyes et aussi l'année où le roi Alphonse Henriques (lui-même, se faisant appeler confrère) confirme son autorité sur le territoire portugais en gagnant l'indépendance du Portugal sur la Castille. En effet, c'est la date à laquelle l'Ordre reçoit une première donation importante au Portugal : le château de Soure et ses dépendances. D'autres dons viennent s'ajouter rapidement. Ainsi, entre 1128 et 1130, 19 biens fonciers, dont plusieurs domaines ruraux, sont reçus par le Temple. Cependant, le roi Alphonse Ier de Portugal chercha à consolider l'indépendance. Il essaie de gagner du terrain au sud sur les Maures, qui souffrent une grande défaite en 1139 lors de la bataille d'Ourique, où il a vaincu cinq rois mauresques. Dans la décennie des années 40 et étant le franc Hugues Martoniensis, le commandeur du Temple au Portugal - se distingue Gualdim Pais, un jeune milites avec ses compagnons templiers dans la prise de Santarem, puis à celle de Lisbonne, en 1147 (date à laquelle Tomar est repris aux Arabes) ; avant de s'embarquer pour la Palestine où il a participé à la bataille d'Ascalon en 1153. Quand il revient de la Croisade, Gualdim est nommé Maître de l'Ordre du Temple au Portugal en 1157 et commence l'extraordinaire croissance de l’Ordre.
 
Ainsi, entre 1128 et 1130, 19 biens fonciers, dont plusieurs domaines ruraux, sont reçus en tout ou en partie par le Temple. En juin 1145, Sancie, fille de la même reine Thérèse, et son mari, donnent au Temple le château de Longrovia, en Estrémadure portugaise, ainsi que ses nombreuses dépendances dans le terroir de la métropole Braga. Dans cette même cité, l'archevêque Jean concède à l'ordre, la même année, une maison, un hôpital pour les pèlerins ainsi que la moitié des revenus ecclésiastiques de la ville, y compris les dîmes. Parallèlement, les templiers pratiquent une politique active d'achats, qui se conjugue avec la piété des fidèles dont les legs testamentaires sont réguliers et importants. A partir de 1143, présence permanente des Templiers au Portugal. Les premiers signes tangibles d'une présence permanente de l'ordre du Temple dans le royaume apparaissent a partir de 1143, année où un templier français, Hugues de Martone, est qualifié de procureur du Temple au Portugal. L'année suivante, la petite garnison templière du château de Soure est défaite lors d'un affrontement avec des troupes maures de Santarem. En 1147, les templiers ont leur revanche en participant a la prise de cette ville et l'Ordre obtient du roi, pour prix de ses efforts, la faculté de recevoir tous les droits perçus a Santarem à titre religieux. A la fin des années 1150, sous le magistère de Gualdim Pais, le quatrième Grand Maître portugais du Temple dans le royaume, commence l'extraordinaire croissance de l’Ordre. Durant cette décennie, le Temple reçoit du roi un important domaine agricole au confluent du Nabao et du Zezere et y entreprend la construction du château de Tomar, appelée a devenir le siège du Temple au Portugal, puis celui de son successeur, l’Ordre du Christ. Une dizaine d'années plus tard, dans le cadre d'une vaste dotation de terres au sud du Tage mais qui demeurera lettre morte, le roi insiste pour que les ressources de l'Ordre ne soient utilisées que dans le royaume, et notamment pour y poursuivre la reconquête.
 
Cette forteresse, située au Portugal et plus particulièrement dans le district de Santarem, fut construit par l'ordre du Temple vers 1160, sous l'impulsion du maître de la Province, Gualdim Pais (1156-1196), pendant la Reconquista. En effet, aux environs de 1158, le maître de l’Ordre au Portugal va recevoir des mains du roi Afonso Henriques, le château en ruine de Ceras (situé à quelques kilomètres au nord de Tomar), ainsi que toutes les terres des alentours situées entre les rivières Mondego, Zêzere et le Tage. En 1159, le Temple reçoit du roi un important domaine au centre du Portugal (140 kms de Lisbonne) et y entreprend la construction de cette forteresse. Jugeant que le château de Tomar était mieux adapté de part sa position stratégique et sa proximité de la rivière, il stoppa la rénovation du Château de Ceras au profit de la construction de celui de Tomar. Au fur et à mesure des années, une ville s'est établit autour de Tomar et prit un essor considérable avec la construction du château qui débuta dans les années 1160 (probablement le 1er mars). Il deviendra par la suite le siège de l’Ordre du Temple. Ce n’est pourtant pas étonnant que, suite à la bulle papale, le roi Denis 1er de Portugal décida protéger les Templiers, et négocia de manière sage afin que les possessions de l’ordre restent dans les mains d’un autre ordre et que les Templiers. L’Ordre du Christ voit le jour en 1319, siégeant d’abord à Castro Marim (Algarve), avant de s’installer définitivement à Tomar. L’Ordre du Christ devient l’héritier direct de l’Ordre du Temple avec ne soient pas inquiétés.
 
Après la perte définitive de la Terre sainte en 1291, l’Ordre est dissous par le pape Clément V le 13 mars 1312 à la suite d’un procès en hérésie. Quand l’Ordre du Temple a été supprimé dans la plupart des pays d’Europe, au Portugal, le roi Denis Ier, les conserva, de son côté : l'enquête menée ne dénote rien de condamnable contre le Temple et ils furent déclarés innocents. Le roi Denis Ier du Portugal réinstaure en 1318 les Templiers de Tomar en tant que l’Ordre du Christ (Ordem dos Cavaleiros de Nosso Senhor Jesus Cristo), pour leur aide fournie pendant la Reconquista et la reconstruction du Portugal. Après quelques tractations, le roi obtient en 1319 que le patrimoine du Temple passe à un nouvel ordre, proprement portugais. Elle transfère tous les anciens biens et droits du Temple à la nouvelle milice, où étaient reçus les anciens templiers. Vasco Fernandes, le dernier maître portugais de l'Ordre du Temple, était alors commandeur de l'Ordre du Christ dans Montalvão, une commanderie à la frontière avec l'Espagne où il mourut en 1323… En 1170, la construction du Château d’Almourol sur une île du fleuve, quelques kilomètres au sud de Tomar, viendra compléter l’ensemble des forteresses défendant la ligne du Tage.
 

   

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Tomar

Cette forteresse, située au Portugal et plus particulièrement dans le district de Santarem, fut construit par l'ordre du Temple vers 1160, sous l'impulsion du maître de la Province, Gualdim Pais (1156-1196), pendant la Reconquista. En effet, aux environs de 1158, le maître de l’Ordre au Portugal va recevoir des mains du roi Afonso Henriques (1112-1185), le château en ruine de Ceras (situé à quelques kilomètres au nord de Tomar), ainsi que toutes les terres des alentours situées entre les rivières Mondego, Zêzere et le Tage. En 1159, le Temple reçoit du roi un important domaine au centre du Portugal (140 kms de Lisbonne) et y entreprend la construction de cette forteresse ainsi que les terres avoisinantes. Jugeant que le château de Tomar était mieux adapté de part sa position stratégique et sa proximité de la rivière, il stoppa la rénovation du Château de Ceras au profit de la construction de celui de Tomar. Au fur et à mesure des années, une ville s'est établit autour de Tomar et prit un essor considérable avec la construction du château qui débuta dans les années 1160 (probablement le 1er mars). Il deviendra par la suite le siège de l’Ordre du Temple. Quand la ville a été fondée, la plupart de ses résidents ont vécu dans des maisons situées à l'intérieur des murs protecteurs du château. La forteresse faisait partie du système de défense créé par les Templiers pour sécuriser la frontière du jeune royaume chrétien contre les Maures, frontière qui, au milieu du 12ème siècle, correspondait à peu près aux rives du fleuve Tage. En 1169, les Templiers se voient confirmer leurs domaines de Tomar ainsi qu’un tiers de tous les territoires situés au sud du Tage qu’ils aideront à conquérir. Quelques années après, le château fut choisi comme siège de l'Ordre du Temple au Portugal. En 1170, la construction, en parallèle, du Château d’Almourol sur une île du fleuve située à quelques kilomètres au Sud de Tomar, viendra compléter l’ensemble des forteresses défendant la ligne du Tage. De nombreux châteaux furent édifiés (ou réaménagés) au Portugal par les Templiers, au 12ème siècle, afin de contenir et de repousser l’invasion arabe : Almourol, Pombal, Castelo Branco, Idanha, Monsanto, Longroiva, Mogadouro, Sabugal, Penha Garcia, Penamacor, Monsarraz. Selon les chroniqueurs chrétiens, en 1190, le château de Tomar où s'était réfugiée la population chrétienne, a résisté pendant six jours aux attaques du calife almoravide du Maroc, Abu Yusuf Yaqub al-Mansur, qui avait décidé de lancer une grande offensive contre les terres chrétiennes. Avant d’établir un siège à Tomar, il avait auparavant pris d'autres forteresses portugaises situées dans le Sud. Gualdim Pais et ses hommes combattirent de manière tellement sanglante et décidé pour défendre les portes de la ville que l’une d’entre (celle d’Almedina) porte désormais le nom de « Porte Sanglante ». En effet, c’est à cet endroit que les combats les plus violents se sont déroulés d’où l’attribution de ce nom. Cette victoire écrasante contre les Musulmans confirmera la puissance militaire de l’Ordre et en fera un acteur incontournable de la Reconquista dans le jeune royaume du Portugal. Une plaque, près de l'entrée de l'église du château, commémore cette victoire. Lorsque l'Ordre du Temple fut dissout, les châteaux d'Almourol et de Tomar furent donnés à un nouvel ordre, l'ordre de la chevalerie de Notre Seigneur Jésus-Christ, fondé le 14 mars 1319. La fortification est le fruit d'une architecture militaire avancée pour l'époque, qu'on retrouve en Terre sainte où Gualdim Pais puisa probablement son inspiration. Le maitre Gualdim Pais est mort à Tomar au 13 Octobre de l'année 1195. Il repose dans l'église Santa Maria do Olival, à Tomar, église Panthéon des maîtres de l'Ordre du Temple. Le château a été construit sur un emplacement stratégique, au-dessus d'une colline et à proximité du fleuve Nabão. Il possède un mur externe défensif et une citadelle avec un donjon à l'intérieur. Le donjon, étant une tour centrale à vocation résidentielle et défensive, a été introduit au Portugal par les templiers. Celui de Tomar est parmi les plus anciens du pays. Une autre nouveauté, apportée par les templiers, sont les tours rondes dans les murs externes, qui sont plus résistantes aux attaques que les tours carrées. La troisième nouveauté fut le alambor c'est-à-dire une rampe épaisse, raide, très incliné, construite au bas des tours et des murs pour empêcher l'attaque du château par les assaillants. Le plan du château présente 3 ordres de murailles, comme les 3 ordres sociaux. Au nord, on trouve la résidence des chevaliers ; au sud, les artisans. Au milieu, on a une merveilleuse rotonde d'inspiration orientale. La forteresse templière est une partie de la cité fortifiée du vieux Tomar que l’on pourrait appeler la maison militaire. Vue du dessus, on peut observer la forme en quadrilatère plat de cette forteresse dont l’extrémité sud-est est constituée de la citadelle et celle ouest par la chapelle circulaire fortifiée. Les deux éléments cités sont reliés par des murs avec des tours rondes (plus solides que les tours carrées en cas d’attaque). Ces forteresses, qui appartiennent au même style d’architecture militaire templière, sont construites selon une disposition quadrangulaire. Les remparts sont protégés par neufs tours circulaires et il y a également une tour servant de prison au centre de la structure. La conception de murs avec des tours de taille équivalente sur les côtés est une caractéristique apportée par les templiers dans la péninsule Ibérique. On peut observer les murs, sur le côté nord, pleins de tours rondes qui relient les deux fortifications. La citadelle en elle-même est formée d’une grosse tour carrée appelée la « Torre de Menagem ». Des traces d’anciennes fondations de bâtiments militaires ainsi qu’un puit sont encore visibles à l’intérieur même de cette muraille. L’espace situé entre ce donjon et la chapelle présente plusieurs bâtiments relatifs à la vie des frères : dortoir, réfectoire, salle capitulaire... Concernant la cour du château, c’est une place qui devait être, au temps des Templiers, remplie de nombreuses plantations permettant de faire vivre le village et la forteresse. A l’heure actuelle, c’est une place relativement plane. Le siège du commandeur se trouvait dans la partie Sud-est dans une grosse tour carrée. Un second mur relie cette tour à la chapelle. Cette chapelle sera transformée en église paroissiale. Cet édifice a complètement disparu, seul subsiste une petite partie de son mur d’enceinte et du clocher de la chapelle, accroché dans la muraille. Si un templier souhaitait atteindre cette partie de la forteresse, la « porte de Sao Tiago » ou porte de la barbacane, défendue par la citadelle templière, était le passage obligé puis par la « porte du Soleil ». Non loin de cette porte, se trouvait un petit ermitage consacré à Santa Maria Do Castelo. Seules traces restantes de ce monument sont une partie de son mur d’enceinte ainsi que le clocher de la chapelle accroché dans la chapelle. La partie basse était quant à elle constituée du village même de Tomar et était également entourée d’une muraille garnie de tours défensives rondes et carrées partant de la chapelle et rejoignant la tour du Commandeur. Une unique porte dans la muraille permettait l’accès au village. Il s’agit d’une porte que l’on a déjà cité : la « Porte du Sang » (nom donné suite au siège de Tomar en 1190). Les meurtrières dans la tour du clocher et le peu de fenêtres situées dans les murs confèrent à cet édifice religieux un important rôle défensif. Le portail actuel de la chapelle n’existait pas à l’époque templière et l’entrée se faisait par une petite porte située du côté est, près de l’endroit où maintenant le cloître du cimetière rejoint la chapelle. On peut observer, à l’intérieur, de deux parties distinctes. Le cloitre, appelé cloître du cimetière, était destiné à accueillir les dépouilles des chevaliers et des religieux de l’Ordre, les frères servants et les laïcs étant quant à eux enterrés dans le petit ermitage à l’entrée de la forteresse. Les ruines de la maison du chapitre nous montrent une construction à deux étages dont la partie inférieure était destinée aux religieux et la partie supérieure aux chevaliers. A l’arrière de l’église manuéline, le premier cloître auquel on accède est celui de Sainte-Barbe. Plus précisément, on arrive d’abord à la plate-forme supérieure du cloître. Cette chapelle (appelée également la chapelle ronde ou la Rotonde) est construite sur la base d’un polygone à 16 côtés (en référence aux 16 prophètes) et renforcée d’épais contreforts lui donnant un aspect très massif. Elle a été batie durant la seconde moitié du 12ème siècle. L'église, comme quelques autres églises du Temple en Europe, aurait été bâtie sur le modèle de la mosquée d'Omar à Jérusalem, que les croisés ont cru, à tort, être un vestige du Temple de Salomon. La Basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem pourrait également avoir servi de modèle. Cette rotonde se présente comme une construction octogonale à deux étages soutenue par huit piliers, un déambulatoire à voûte annulaire sépare cet octogone du polygone extérieur à seize côtés. Les peintures qui ornent l’octogone sont l’œuvre d’artistes portugais du 16ème siècle. Quelques statues en bois polychrome datent de la même époque. Les meurtrières dans la tour du clocher et le peu de fenêtres situées dans les murs confèrent à cet édifice religieux un important rôle défensif. Le portail actuel de la chapelle n’existait pas à l’époque templière et l’entrée se faisait par une petite porte située du côté est, près de l’endroit où maintenant le cloître du cimetière rejoint la chapelle. A l'intérieur de la forteresse se trouve le Couvent de l'Ordre du Christ qui regroupe tous les styles architecturaux pratiqués au Portugal. Fondé en 1162 par le grand maître des Templiers, il a traversé les siècles jusqu’à nous, s’enrichissant au passage de mille décorations manuélines. Le Covento de Cristo a subi de nombreuses modifications entre le XIIe et le XVIe siècle. Il est formé de plusieurs cloîtres et de plusieurs églises. Le Couvent du Christ est un hommage au savoir architectural de l’Ordre. Son église octogonale serait inspirée du lieu saint musulman du Dôme du Rocher à Jérusalem, où se situait le Temple de Jérusalem détruit en 70 avant JC. L’Ordre y a intégré des caractéristiques du lieu saint dans son iconographie et son architecture, y compris le sceau des Grands Maîtres. Censé servir à l’origine de forteresse, le monument s’est transformé et s’est agrandit avec le temps, au fur et à mesure de l’expansion maritime portugaise, en une œuvre à laquelle chaque roi ou chaque prince, grands-maîtres de l’Ordre, a donné sa contribution, sous forme de bâtiment, de cloître, de cour, de décoration ou de sculpture. Plusieurs styles s’y marient à merveille (roman, gothique, manuélin, renaissance) et font de cet havre de paix et de recueillement un lieu unique, hors du temps, chargé d’histoire et de mystères. Ce couvent, berceau des Templiers, fut restauré par D. Manuel I qui lui a donné une grande part de sa splendeur architecturale encore visible de nos jours. La forteresse du Temple, avec le couvent de l'ordre du Christ est l'un des monuments historiques et artistiques les plus importants du Portugal. Ce lieu unique, chargé d’histoire et de mystères, est classé patrimoine mondial par l’UNESCO, depuis 1983. En 2008, l’intérieur de la chapelle a subit des travaux de rénovation de ces différentes fresques et décorations.
 

   

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