Un lieu hors du temps

Passé le porche et sa lourde porte, on est saisi par l’étrange impression de se trouver hors du temps. Dans la petite cour, un chevalier noir monumental nous accueille aux sons mélodieux qui s’échappent d’une harpe. À deux pas de la rue Gambetta, la petite cour est un véritable havre de paix.

Propriétaire de la Commanderie des Templiers depuis plus d’un an, Thomas Roediger nous accueille. «J’ai tout de suite été fasciné par ces vieilles pierres du XIIe siècle, et l’atmosphère étrange qu’elles dégagent, dit-il. Ces pierres parlent, d’ailleurs beaucoup de visiteurs me le font remarquer. C’est pour cela que nous tenons tant à faire visiter ce bâtiment, pour qu’il vive. J’aimerais que tous les Figeacois qui ne le connaissent pas encore viennent découvrir ce bâtiment incroyable qui possède une âme ». Sans prendre position plus avant dans la vieille polémique de savoir si les Templiers ont vraiment bâti cette magnifique demeure, Thomas Roediger préfère en vanter son âme et sa beauté : « Ce dont on est pratiquement certain, c’est que c’était une tour de garde et un tour de guet, qui dominait la ville, la Tour du Griffoul (ou des griffons), en prolongement direct du pont éponyme. Elle est d’ailleurs couronnée de créneaux et non de solheilos, ce qui est unique à Figeac ». À l’intérieur, un escalier à vis de 91 marches et 14 mètres de haut, où le bois monobloc succède vite au grès, on gagne la salle des gardes, la chapelle à la somptueuse fenêtre géminée et la cuisine. De magnifiques cheminées soulignent l’opulence des premiers propriétaires. Si l’étage où logeait le commandeur est réservé à la location, on poursuit l’ascension pour gagner le haut des tours de garde et de guet, d’où le regard embrasse la ville sur 360°. Ouvert aux visites de juin à septembre, la Commanderie des Templiers propose aussi quelques animations. Ariunzaya, une jeune stagiaire, étudiante d’Angers, venue de sa lointaine Mongolie, tient la buvette et la boutique. « J’invite également les musiciens à venir goûter le plaisir de jouer ici, ajoute Thomas Roediger. Je prépare actuellement un banquet médiéval sur réservation, que je voudrais proposer fin août. Mais les visites sont ma priorité ».

Source de l’article : LA DEPECHE

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