L’économie forestière des Templiers dévoilée à La Loge-aux-Chèvres

Un parcours nouveau en forêt du Temple montre comment les Templiers ont exploité la forêt et les multiples traces qui subsistent de cette gestion.

Après les sites templiers d’Avalleur, Clairvaux, Fresnoy, Payns etc., la forêt du Temple, au cœur de la forêt d’Orient, est maintenant dotée d’un parcours à remonter l’histoire. Treize panneaux (deux panneaux de présentation et 11 pupitres en forêt), répartis sur 5 km de chemins forestiers, participent des équipements culturels mis en place après l’année Aube Templiers 2012. Né des recherches de Valérie Alanièce et François Gilet, ce parcours aborde un pan de la recherche longtemps laissé en friche : l’exploitation forestière, ses méthodes, le droit qui lui est lié, la richesse qu’elle génère. Les deux historiens ont d’abord délimité la forêt qu’acquirent les Templiers au milieu du XIII e siècle, orientée nord-sud, qui n’est plus la forêt du Temple actuelle orientée est-ouest : un nouveau balisage marque ses limites anciennes. Du reste, l’appellation « Orient » n’a rien à voir avec les Croisades mais est plus ancienne : « l’Orrant » s’opposant à « l’Othe » pour marquer les limites du territoire comtal. Ce vaste massif boisé de plus de 1 200 hectares côtoyait les forêts exploitées par les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem autour de la commanderie de L’Hopitau et les cisterciens de Larrivour. Aux principaux accès du domaine, des piloris devaient dissuader toute entorse aux droits des Templiers. Cette forêt que craignent par-dessus tout les populations médiévales est source d’activité intense et de richesse. Et de fait, le terrain est couturé de levées de terre – digues et talus défensifs –, de fossés et de ru, de zones où affleurent fragments de briques et de tuiles, derniers témoins de constructions disparues. Marqué par quatre étangs désormais asséchés – Frouasse, Les Foutons, La Porte et La Viotte –, le territoire templier nourri les hommes et les troupeaux, génèrent des revenus conséquents avec l’exportation de ses grumes… La découverte la plus marquante reste le nom et la localisation de la commanderie qui gérait le domaine : la Loge Bazin, nom exhumé des archives de l’Aube. Et qu’importent ces précieuses informations : « C’est en Belgique qu’est enfoui le trésor des Templiers… », assurent au terme de la visite nos deux touristes de Courtrai. Le mythe est plus fort que l’histoire.

Source de l’article : L’EST ECLAIR

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