Gers : un village templier dévoile ses secrets

Les travaux archéologiques dévoilent aujourd’hui leurs secrets au public.

Le Gers est une terre où, paraît-il, l’ordre des Templiers aurait caché quelques trésors. Dans le village de Gimbrède, des fouilles archéologiques se déroulent, non pas pour déterrer le pactole des chevaliers chrétiens du Moyen Âge, mais pour comprendre quelle était la vie au sein de cette commanderie. Aujourd’hui, à 10 heures et à 14 heures, Pauline Ramis, responsable de l’opération, accueille le public pour présenter les recherches en cours. Elle fera également visiter le village et la commanderie et décrira les résultats de ses travaux, sondages archéologiques qu’elle a menés sur le terrain. La commanderie de Gimbrède se situe près de Miradoux, dans le nord-est du département. Son origine est inconnue à cause d’un incendie survenu dans les dernières années du XVe siècle, qui a détruit tous les documents administratifs qui auraient pu permettre de retracer l’histoire de la commanderie. On sait pourtant que le dernier commandeur des maisons du Temple en Provence, Bernard de Laroque, avait témoigné sa gratitude des bons services rendus à son ordre par le Gascon Bertrand des Bordes, en lui donnant notamment les revenus de Moret (peut-être l’Hôpital) près de Condom et la maison de Gimbrède, alors située dans le diocèse de Lectoure. La première véritable mention de Gimbrède dans la documentation écrite date de 1246. La paroisse est alors mise sous la protection immédiate du Saint-Siège par le pape Innocent IV, à la demande des frères et du commandeur. En 1312, l’ordre des Templiers est supprimé par le roi Philippe le Bel. Les biens templiers passent alors à l’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Il en va de même de la commanderie et seigneurie de Gimbrède. On sait en outre qu’une courte guerre ensanglanta le lieu de Gimbrède en 1535. George de Manas, recteur de Gimbrède et commandeur, voulait percevoir toute la dîme de sa petite commanderie. Le seigneur temporel du lieu prétendait la même chose. Il fut défendu par son gendre, Joachim de Monluc, frère de Blaise de Monluc. Il attaqua le château en janvier 1535 et fut condamné par la suite. Ensuite, plusieurs parcelles privées ont été rachetées pour intégrer la commanderie. Pauline Ramis en a retrouvé la trace dans les archives du fonds de Malte. Selon un document de la Conservation départementale du patrimoine et des musées du Gers, « nous pourrions être en présence d’un village fondé par les templiers. La visite générale de 1730 indique très clairement que l’ancienne commanderie se trouvait à l’emplacement du presbytère. Nous assistons donc, vers le milieu du XVIe siècle, au déplacement de la commanderie au sein même du village ».

Source de l’article : VALEURS ACTUELLES

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